La disparition d'Amelia Earhart
Océan Pacifique central (île Howland, Nikumaroro) · 1937 – aujourd'hui
Enquêtes officielles et archives
Le 2 juillet 1937, l'aviatrice américaine Amelia Earhart et son navigateur Fred Noonan cherchent une île minuscule au milieu du Pacifique. Un navire des garde-côtes les attend pour les guider. Ils l'appellent par radio : « Nous devons être sur vous, mais nous ne vous voyons pas. Le carburant baisse. » Puis plus rien. Malgré l'une des plus grandes recherches de l'époque, on n'a jamais retrouvé ni l'avion ni les corps. Près de quatre-vingt-dix ans plus tard, trois hypothèses s'affrontent encore, et la dernière expédition, en octobre 2026, est rentrée sans preuve.
Le dernier vol
En 1937, Amelia Earhart est une aviatrice très célèbre. Elle tente un long vol autour du monde avec le navigateur Fred Noonan, à bord d'un Lockheed Electra 10-E. Le 1er juillet, ils décollent de Lae, en Nouvelle-Guinée. Leur objectif est l'étape la plus difficile du voyage : l'île Howland, un bout de terre plat et minuscule au milieu du Pacifique.
Pour les aider à trouver l'île, le garde-côtes américain Itasca les attend au large et doit les guider par radio. Son journal radio, conservé aux Archives nationales des États-Unis, permet de suivre minute par minute les dernières heures du vol.
« Nous devons être sur vous »
Le 2 juillet, à 6 h 14, l'avion annonce être à environ 200 milles de Howland. À 7 h 42, la voix d'Earhart dit : « Nous devons être sur vous, mais nous ne pouvons pas vous voir. Le carburant baisse. » Elle précise voler à 1 000 pieds d'altitude.
Juste avant 8 heures, l'équipage dit tourner en rond et demande des relèvements radio. Il reçoit les signaux du navire, mais n'arrive pas à en tirer une direction. À 8 h 43, dernier message : l'avion est « sur la ligne 157-337 », il vole vers le nord et le sud. Earhart ne précise pas par rapport à quel point.
L'Itasca n'entendra plus rien. Le navire part aussitôt à pleine vitesse pour chercher l'avion. La marine américaine prend le relais. Elle arrête les recherches le 18 juillet, après avoir fouillé plus de 250 000 milles carrés d'océan.
Première hypothèse : l'amerrissage près de Howland
L'explication la plus simple est aussi la plus répandue. Selon CBS News, la plupart des spécialistes pensent qu'Earhart et Noonan ont manqué l'île, se sont retrouvés à court de carburant et ont amerri non loin de Howland. L'avion aurait coulé dans des eaux très profondes, avec ses occupants.
Cette hypothèse colle aux derniers messages : un équipage proche de l'île mais incapable de la voir, avec un réservoir presque vide. Son point faible est qu'elle est difficile à prouver. Retrouver un petit avion au fond du Pacifique, sur une zone immense, reste un défi technique considérable.
Deuxième hypothèse : les naufragés de Nikumaroro
Une autre hypothèse vise l'île Gardner, aujourd'hui Nikumaroro, un atoll de l'actuel Kiribati, plus au sud dans le même secteur du Pacifique. Selon ses partisans, Earhart et Noonan y auraient atterri, puis y seraient morts en naufragés.
Des indices existent. En 1940, des ossements humains sont trouvés sur l'île. Selon Live Science, le médecin D. W. Hoodless les examine en 1941 à Suva, aux Fidji : 13 os, qu'il attribue à un homme d'origine européenne, d'environ 1,68 mètre. Les os eux-mêmes ont ensuite été perdus. En 2018, l'anthropologue Richard Jantz reprend les mesures de Hoodless et les compare à celles d'Earhart, tirées de photos et de vêtements. Il conclut qu'elles correspondent fortement à l'aviatrice. D'autres chercheurs, comme Pamela Cross et Richard Wright en 2015, pensent au contraire à un homme trapu d'origine européenne.
D'autres objets trouvés sur l'île, fabriqués aux États-Unis dans les années 1930, et une photo de 1937 montrant peut-être un élément de train d'atterrissage, nourrissent cette piste. Mais aucune pièce de l'avion n'a jamais été identifiée avec certitude.
L'objet Taraia : une piste qui s'efface
En 2020, des images satellites de la lagune de Nikumaroro montrent une forme intrigante sur la presqu'île de Taraia. Certains y voient l'épave de l'Electra. L'université Purdue et l'Archaeological Legacy Institute montent une expédition pour en avoir le cœur net. Prévue pour novembre 2025, elle est retardée en attendant l'accord du gouvernement de Kiribati.
L'équipe part de Tarawa le 6 octobre 2026. Selon le communiqué de Purdue, l'« objet Taraia » était sans doute un amas de grands arbres déposés sur la flèche de sable. Il n'en reste qu'un morceau en forme de Y, et son éclat, pris pour du métal, venait d'une couche de calcaire. L'équipe n'a trouvé aucune preuve de l'épave dans la lagune. Elle a rapporté d'autres objets, dont un tube d'acier d'environ 75 centimètres, qui seront étudiés.
« Nous voulions tester une hypothèse, pas garantir un résultat », a commenté le représentant de Purdue, qui promet de poursuivre les recherches.
Troisième hypothèse : capturés par les Japonais ?
Une autre théorie affirme qu'Earhart et Noonan auraient atterri dans les îles Marshall, alors sous contrôle japonais, et y auraient été capturés, puis seraient morts en captivité, par exemple à Saipan. Cette idée revient régulièrement, souvent accompagnée de témoignages tardifs.
Les archives américaines montrent une autre facette de l'histoire. Selon l'archiviste Greg Bradsher, des Archives nationales, le Japon a proposé son aide dès le 5 juillet 1937. Il a envoyé un navire hydrographique, le Koshu, vers les îles Marshall et a demandé à ses stations radio et à ses bateaux de pêche de guetter l'avion. Le Washington Post annonçait même, le 7 juillet, qu'un porte-hydravions japonais, le Kamoi, participait aux recherches ; selon Bradsher, l'ordre a en fait été annulé avant le départ. Le 11 juillet, l'ambassadeur américain à Tokyo, Joseph Grew, confirmait que le Koshu faisait route vers les îles Marshall. En 1960, le gouvernement japonais a déclaré qu'il n'existait « aucun fondement » aux accusations d'une exécution à Saipan.
Aucun document vérifié n'a jamais confirmé la capture. Les documents déclassifiés en novembre 2025 sur ordre du président Trump, présentés comme une révélation, comprennent surtout des journaux radio, des rapports de recherche et des coupures de presse, dont beaucoup étaient déjà connus. Selon CBS News, ils ne semblent pas résoudre le mystère.
Ce que les sources permettent de dire
Les archives établissent précisément les dernières heures du vol, jusqu'au message de 8 h 43, puis l'ampleur des recherches. Elles ne disent pas où l'avion est tombé. Aucune épave, aucun corps identifié avec certitude, aucun document décisif n'a été retrouvé.
L'amerrissage près de Howland reste l'hypothèse la plus économique. Celle des naufragés de Nikumaroro repose sur des indices indirects, que l'expédition de 2026 n'a pas confirmés. La capture par les Japonais n'a jamais été étayée par une source vérifiée.
Les explications examinées
Cohérent avec les derniers messages ; hypothèse majoritaire selon CBS News ; épave jamais trouvée.
Ossements de 1940 (perdus) et objets d'époque ; l'objet Taraia n'était pas l'avion (2026).
Aucun document vérifié ; le Japon a participé aux recherches et a démenti en 1960.
Questions ouvertes
- Où se trouve l'épave du Lockheed Electra ?
- À qui appartenaient les ossements trouvés sur Nikumaroro en 1940 ?
Sources
Meilleure source : niveau 1 (source primaire) · barème de la charte éditoriale.
- Radio Log of the Last Communications of Amelia Earhart, journal radio du garde-côtes Itasca, 1er-2 juillet 1937 (Leo G. Bellarts Papers, NARA ID 6210268) — National Archives (DocsTeach) Niv. 1
- Greg Bradsher, « The Japanese Government's Offer of Assistance to Help Find Amelia Earhart, July 1937 » (12 juillet 2017) — National Archives, blog The Text Message Niv. 3
- « Amelia Earhart records declassified and released by National Archives » (14-17 novembre 2025) — CBS News Niv. 4
- Jeanna Bryner, « Did Amelia Earhart Perish on the Pacific Island of Nikumaroro? » (8 mars 2018) — Live Science Niv. 4
- « Search for Amelia Earhart's plane continues after Taraia Object expedition on Nikumaroro rules out latest hypothesis » (18 octobre 2026) — Purdue University, Newsroom Niv. 3
- Justin L. Mack, « Purdue's Amelia Earhart expedition takes off after a year of delays » (28 juillet 2026) — Axios Indianapolis Niv. 4
Rédigé — relecture humaine recommandée avant publication · vérification des sources : à faire · relecture humaine : en attente. Les statuts « retenue », « plausible », « débattue » et « écartée » décrivent l'état des preuves, pas une opinion sur les croyances.